Quand Papa n’est pas là

Quand Papa s'en va - from Pixabay

Quand Papa s’en va – from Pixabay

Il y a des milliers de familles différentes, et même quand la composition de deux familles est identique, pour autant rien ne sera tout à fait comparable. Chez les Choux on rentre encore dans la case « famille classique » : un papa, une maman et 2,5 enfants. Fastoche vous dîtes ? Je suis assez d’accord. Mais à vivre une routine si facile, avec Papa et Maman Choux qui ne travaillent pas en ce moment en plus, ne nous rend que plus vulnérables face aux imprévus. Comme je l’ai toujours dit, chacun a ses soucis, ses problèmes, et les vit plus ou moins bien, relativement à sa situation habituelle. Ce qui n’est pas un soucis pour moi en est peut-être un pour mon voisin, ce que vous trouverez peut-être ridicule est pour moi en ce moment franchement problématique. Et si j’ai décidé de m’ouvrir à travers ce blog, c’est aussi pour parler de ce qui ne va pas, des soucis que l’on rencontre, et pas uniquement pour filer mes bons plans et mes recettes de purée.

Papa Choux ne travaille plus depuis plus d’un an, pour cause d’hernie discale de la mort. Il morfle un peu tous les jours, et se refuse à prendre tout anti-douleur, car à part l’accoutumance, ça n’apporte strictement rien surtout en période de crise. Après un peu plus d’un an d’attente, Papa Chou rentre à l’hôpital à Paris le 22 pour se faire opérer, afin de remplacer son disque tout écrabouillé par une prothèse flambant neuve. Dans dix jours. 10 jours. DIX JOURS, BORDEL.

L’absence physique

Je vais déposer Papa Choux à la gare jeudi 22 au matin, il doit être à Paris pour 13h30. On suppose qu’il se fera opérer le 23, et le chirurgien a parlé de 3 à 4 jours d’hospitalisation après l’opération. Je pense donc qu’il va certainement rentrer à la maison le mardi suivant, avec un peu de chance. Il faut savoir que depuis plus de sept ans, Papa Choux et moi-même avons rarement été aussi longtemps séparés, surtout pour de telles raisons. L’an dernier, un séjour aux urgences d’une semaine avait posé le même soucis, mais chaque jour j’étais à son chevet. Cette fois-ci, bien malgré moi, mais pour le bien-être de mes enfants et pour ma santé, il est impensable que je fasse le moindre aller-retour à Paris pour tenir compagnie à mon cher et tendre. Ca va être éprouvant, moralement. La journée passera vite, je le sais d’avance : ce que nous partageons habituellement, je devrai alors l’assumer seule, et je n’aurais pas le temps de chômer. Mais quid des soirées et du week-end ?

La présence transparente

Au retour de son hospitalisation, Papa Choux va devoir rester alité (plus ou moins, nous ne connaissons pas encore les ordres du chirurgien mais on les devine aisément) pendant 6 semaines. Ce qui signifie que jusqu’à début Mars, Papa Choux sera là, mais ne pourra rien faire. Il est certain que cela va être difficile pour lui, dans un premier temps : l’ennui mortel couplé à la douleur et au sentiment d’être un légume ne feront pas bon ménage. Ensuite, ça va être difficile pour les enfants : Papa sera là, mais ne pourra pas jouer avec eux, leur donner le bain ou leur faire à manger. Et clairement, ça va être difficile pour moi. J’ai beau savoir que ce ne sera pas sa faute, les jours les plus difficiles, je ne pourrai pas m’empêcher de lui en vouloir de me laisser galérer seule, avec les deux p’tits choux et un centre de gravité qui tend franchement vers l’avant. Je sais comment je vais me comporter avec lui, je me connais, je culpabilise déjà et je me fais peur.

Les soucis d’ordre technique

Comme je l’ai déjà dit à Papa Choux, s’il n’y avait pas Chouki(e) qui commence à prendre de plus en plus de place, je n’appréhenderai pas autant. Certes, être enceinte n’est pas une maladie, je l’ai toujours dit et j’ai vécu mes deux premières grossesses, physiquement parlant, de façon tout à fait épanouie. Mais là, c’est pas la même donne. A chaque journée qui passe, je suis de plus en plus diminuée. Il y a quelques jours, j’ai dû faire trois courses en ville, je suis quasiment rentrée en rampant à la maison. Aujourd’hui, une promenade dans un magasin, un seul, pendant 15 minutes… et je n’ai rien pu faire d’autre pour le reste de la journée. Je le sais, je le sens, il ne faut pas que je tire sur la corde. Et pour couronner le tout, quelque peu inquiète la semaine dernière (le lendemain de cette fameuse course en ville), j’ai fait un détour par la maternité afin d’être rassurée sur ma situation, et je n’ai été rassurée qu’à moitié. « Ca travaille mais ça n’est pas trop alarmant pour une troisième grossesse, mais là il va falloir se faire aider à la maison et se reposer au maximum pour éviter tout déclenchement prématuré, jusqu’au 9ème mois« . Oups. MEGA-oups. Dire que j’ai hâte à mon prochain rendez-vous gynéco est un euphémisme, vivement que je sache comment ça va là-dedans… je me connais, je connais mon corps, et je suis persuadée que ça ne s’est pas amélioré, bien que je n’ai franchement pas pris de risque inconsidéré pour ma santé. Alors que va-t-il se passer si je dois me retrouver physiquement freinée pour ne pas mettre la santé de Chouki en danger ? Comment va-t-on gérer notre vie quotidienne si Papa et Maman doivent se contenter du strict minimum tous les deux ?

 

Il y a les Mamans célibataires, parce qu’elles ont fait leurs valises ou foutu Papa à la porte. Il y a les Mamans qui ont tout fait toutes seules, depuis le début. Il y a les Papas qui travaillent loin, et qui partent longtemps. Il y a les Papas qui sont là au quotidien mais finalement ne sont pas vraiment présents. Et il y a les situations comme la nôtre, ponctuelles mais angoissantes. On est pas tous égaux face à la gestion du quotidien, on part pas avec les mêmes cartes en main et on a chacun notre stratégie. On est pas non plus d’humeur égale chaque jour, donc on s’adapte plus ou moins bien. Aujourd’hui a été une journée difficile, physiquement et moralement, et j’ai ressassé les mêmes choses toute la journée.

Je m’inquiète et je panique.

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