Love et des petits coeurs

Peut-on être égoïste quand on est parent ?

Love et des petits coeurs

L’amour n’interdit pas l’égoïsme.. non ? – From Pixabay

Vaste sujet que celui-ci… mais parfois, je me demande si j’ai raison de faire certaines choses, ou au contraire de me priver. Je me demande si mon comportement, vis à vis de moi-même, est logique en dépit du fait que j’ai des enfants, à qui je dois tout. Enfin, c’est là aussi la question, est-ce qu’on leur doit vraiment « tout » à ces petits monstres ?

Le droit d’oublier

Le réveil, la toilette, le goûter pour l’école, remplir le sac à langer, faire la vaisselle, ranger tous les biberons, faire les courses, laver les vêtements de chacun, les faire sécher, les plier et les ranger, faire les chambres, ramasser ce qui traîne et le remettre à sa place d’origine, pour être sur que Bambino et Bambina n’auront pas besoin de chercher 2 heures leur jouet préféré… et là, BIM : « Mamaaaaan t’as pas changé les piles de mon réveil Cars ! ».

Je ne vais pas lui mentir, à mon Chouchou. Je ne vais pas lui sortir un vieux « J’ai pas eu le temps » réchauffé, alors que ça m’aurait pris 5 minutes, et que ça fait 3 semaines que j’oublie de changer les piles dudit réveil. J’ai eu le temps, puisque finalement j’ai tricoté, regardé des épisodes de séries, et pris le temps de goûter avec sa sœur avant d’aller le chercher à l’école. Alors je lui dis la vérité. Souvent, il comprend très bien et il n’insiste pas, mais je ne peux pas m’empêcher de m’en vouloir. On est pas des machines, personne n’est infaillible, et on peut parfois oublier de prendre un pyjama de rechange, oublier de changer les piles d’un jouet ou oublier son enfant sur une aire d’autoroute la tétine chez mamie. Mais tout le même, ça ne colle pas avec l’idée de la Maman parfaite que je voudrais être à leurs yeux. Quand j’oublie de repasser la chemise de Papa Choux, je ne culpabilise pas, je lui dis simplement qu’il n’avait qu’à le faire lui-même. Mais quand il s’agit des enfants, je m’en veux d’oublier, et là pour le coup, je n’arrive pas à m’offrir ce droit là, je n’arrive pas à égoïstement me donner le droit à l’erreur.

Prendre du temps pour soi

Il y a un moment, j’avais lu un article dans un magazine qui expliquait qu’avoir des jumeaux, dans leur petite enfance, c’est leur consacrer environ 12 heures par jour. Je n’ai pas eu de jumeaux, je ne saurai donc pas si ce chiffre est proche de la réalité ou non, mais force est de constater que même un seul bébé, même deux enfants d’âges différents… ça occupe bien les journées ! Quand je bossais, clairement je n’avais pas une minute à moi en semaine : à peine rentrée à la maison, si je voulais profiter de mes enfants et en parallèle tenir mon rôle de mère de famille au mieux dans toutes les autres tâches moins sympas (comme le récurage des toilettes et des sols), il n’y avait plus vraiment de place pour le reste. Une fois les enfants couchés, j’avais beau dire que j’allais prendre du temps pour moi, je rejoignais Morphée tellement vite qu’il n’était pas question de profiter de quoi que ce soit. Puis, j’ai découvert la vie de maman au foyer : qu’on se le dise, ça n’est pas du tout reposant ! Celui qui pense cela ne l’a jamais vécu, ou en tout cas pas avec un certaine rigueur, qui nous impose d’avoir une maison bien rangée, du linge toujours propre dans les armoires, les lits des enfants faits chaque matin, etc. Par contre, j’ai du temps pour moi, ça c’est vrai : quand Chouchou est à l’école et Chouquette à la sieste, mes corvées réglées chaque jour avant midi, il me reste au moins deux heures chaque après-midi pour m’adonner à mes loisirs, ou même faire une petite sieste, et tout ça alors que Papa Choux ne peut pas du tout me seconder…

Dans ce cas, oui, je me sens vraiment égoïste en ce moment quand « je prends du temps pour moi » en dehors des plages horaires laissées vacantes par les P’tits Choux. Typiquement, samedi après-midi, une fois que j’ai eu terminé mes « obligations » quotidiennes, j’avais décrété que je prendrai un bain, coûte que coûte. J’ai failli tout annuler en entendant Chouquette commencer à chouiner dans son lit, et finalement Papa Choux m’a convaincue d’aller quand même prendre ce bain. Il a eu finalement raison, car j’aurais abandonné pour rien, Chouquette s’étant finalement rendormie…

Je sais qu’il faut continuer de vivre en dehors des enfants, même quand ils sont là. Je pense que c’est la façon la plus saine de leur faire comprendre que Maman existe en tant que personne, et de leur faire prendre conscience qu’on est pas seulement un morceau d’eux-même mais un être à part entière qui a lui aussi des besoins. Mais pas toujours évident, selon leur âge, de ne pas les faire passer en priorité, quitte parfois à oublier qu’en plus d’être une Maman, on est aussi une femme.

Se regarder dans un miroir

A mon sens, savoir se regarder dans un miroir, et savoir apprécier ce qu’on y voit, malgré les complexes que l’on avait déjà avant la grossesse, malgré notre corps qui a changé, c’est vraiment la chose qu’il faut apprendre à faire. Et pour le coup, là, je ne me pose aucune question : NON, ce n’est pas de l’égoïsme que de s’arrêter devant un miroir, se regarder, se trouver jolie ou au moins être fière de ce que l’on est devenue. Je parle au féminin, mais c’est aussi valable pour les papas, bien sûr, même s’il faut admettre que ce soucis avec les reflets est plus récurrents chez les mamans, qui ont quand même accepté divers chamboulements physiques pour mettre au monde leur progéniture.

Parfois, je m’octroie un peu de budget pour acheter une paire de chaussure, même si c’est rare, un peu de cosmétiques, même si ce n’est pas du haut de gamme, ou quelques douceurs, car le bien-être moral et le bien-être physique sont intimement liés. A ce moment-là, je n’ai strictement aucune culpabilité à dépenser un petit peu d’argent pour moi, à entrer dans une boutique qui n’intéresse que moi. J’ai pris conscience de cela quand Chouchou avait quelques mois : j’ai décidé de me lancer dans une auto-thérapie, qui peut paraître ridicule, mais qui a été extrêmement efficace. Chaque matin, avant d’aller bosser, je prenais du temps pour me préparer, quitte à me lever 15 petites minutes plus tôt. Maquillage, coiffure… et uniquement des vêtements que j’aimais, pas « ceux dans lesquels je rentre même si je ne les aime pas », car c’est sans doute ce qu’il y a plus efficace pour se trouver laide. Et chaque matin, je partais bosser en me disant « T’es bonne ! T’as mis au monde un enfant, t’as pas un physique de rêve, mais t’es pas si mal malgré tout ça ! ». A force d’auto-persuasion, j’ai retrouvé un peu de confiance en moi, et bizarrement, j’ai l’impression que ça s’est ressenti dans ma manière d’être avec les autres.

Bien entendu, il y a des rechutes, et en ce moment c’en est une. J’ai des excuses : grossesse, fatigue, etc. Mais j’ai hâte de retrouver Papa Choux en forme, pour vivre cette fin de grossesse de façon « resplendissante ». Même enceinte, en faisant un effort d’entretien de ma petite personne, je ne me déplais pas, il est même hors de question que j’en vienne à me déplaire : porter un enfant est une fierté, pas une honte.

Partager sans limite

En étant devenue maman, j’ai appris à partager tout et n’importe quoi. Mon temps libre, ça on l’a déjà dit, mais de façon beaucoup plus terre à terre, j’ai appris à partager mes yaourts préférés, la dernière part de gâteau dans le plat que je reluque et que Chouchou réclame, la place dans le lit le matin de grasses matinées, la place devant le miroir de la salle de bain… c’est un tout un tas de petites concessions que l’on finit par faire sans même s’en rendre compte, qui prennent place comme une routine bien rodée.

Et parfois, je commets des écarts… Je pars récupérer Chouchou à l’école avec 2 biscuits dans la poche, pour lui donner sur le chemin du retour. Normalement, il n’en mange qu’un seul, puisqu’on dîne très tôt le soir. Alors, sur le chemin, il m’arrive de finalement manger le second biscuit, parce que je ne peux pas résister à l’appel des Prince tout choco. Je culpabilise clairement, d’avoir en quelque sorte « piqué » ce biscuit qui lui était réservé ; cela fait-il de moi une mauvaise mère ? Quand je m’installe dans le canapé et que je pique un bonbon dans un des petits sacs d’anniversaire qu’il ramène de l’école, dois-je m’en vouloir à mort, ou apprécier de bonbon car après tout, ce n’est pas comme si je lui arrachais un aliment vital ?

Difficile de trancher, chacun trouvera la réponse qui lui correspondra le mieux. Toujours est-il que, comme pour tous les sujets, il faut savoir ne pas atteindre les extrêmes. D’un sens, il ne faut pas penser qu’à soi quand on fonde une famille, pas besoin de faire un dessin… mais il ne faut pas tomber dans le piège des enfants « rois », qui, sans nécessairement faire de caprices, sont pour autant le nombril de leurs parents, au point qu’eux-mêmes oublient de vivre en tant que personne ou en tant que couple. Et pour ce qui est des entre-deux… chacun verra midi à sa porte

 

Et vous alors ? Votre dernier moment d’égoïsme en date, il est assumé ou regretté ?

 

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3 réflexions sur “Peut-on être égoïste quand on est parent ?

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